| Paris et Berlin s'opposent à la guerre contre l'Irak |
Les voisins de l'Irak étaient réunis jeudi à Istanbul pour tenter de trouver une solution pacifique à la crise irakienne, alors que le ton monte entre Washington et le couple franco-allemand, l'opposition de Paris et Berlin à un conflit armé irritant de plus en plus les Etats-Unis.Le chancelier allemand Gerhard Schroeder et le président français Jacques Chirac ont réitéré qu'ils ne pouvaient approuver "une légitimation de la guerre" contre l'Irak, jeudi lors d'une rencontre-débat avec des jeunes Français et Allemands, à Berlin. La France et l'Allemagne avaient solennellement affirmé leur détermination à trouver une issue pacifique à la crise, mercredi lors d'un sommet à l'occasion du 40e anniversaire du Traité de l'Elysée. "Le seul cadre d'une solution légitime est celui des Nations unies. La France et l'Allemagne, en présidence successive du Conseil de sécurité de l'Onu, mènent une concertation étroite et exemplaire pour donner toutes ses chances à la paix", a déclaré mercredi le président français Jacques Chirac. "La guerre n'est pas inévitable". Le chancelier allemand Gerhard Schroeder a assuré de son côté qu'il "ne voit pas comment il pourrait y avoir un vote positif de l'Allemagne" sur une intervention militaire. Le ministre de la Défense américain, Donald Rumsfeld, a violemment réagi à ces déclarations en estimant que la France et l'Allemagne ne représentaient plus qu'une "vieille Europe" en perte de vitesse. "Je ne vois pas l'Europe comme étant l'Allemagne et la France. Je pense que c'est la vieille Europe. Si vous regardez l'Europe entière, son centre de gravité passe à l'Est", a déclaré M. Rumsfeld à la presse étrangère. Le secrétaire d'Etat Colin Powell a de son côté conseillé à Paris et Berlin d'attendre le rapport que les inspecteurs doivent faire lundi sur leur mission avant de s'opposer à une intervention armée. Le chef de la diplomatie américaine a également implicitement accusé la France et l'Allemagne de faire semblant d'ignorer le fait que l'Irak ne se conformait pas à ses obligations en matière de désarmement. "Franchement, il y a certains pays de par le monde qui voudraient simplement se détourner de ce problème, et prétendre qu'il n'existe pas", a-t-il affirmé. L'Europe "regarde vers l'avenir", a rétorqué jeudi à Berlin le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin, en réponse à Donald Rumsfeld. Dans le même temps, une conférence s'est ouverte jeudi matin à Istanbul au niveau de hauts fonctionnaires des six pays participants. Elle doit réunir dans l'après-midi les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l'Arabie saoudite, de la Syrie, de la Jordanie et de l'Iran, tous voisins de l'Irak, ainsi que de l'Egypte. Cette réunion convoquée sur l'initiative d'Ankara, doit tenter de trouver un règlement pacifique à la crise irakienne. De hauts responsables arabes ont confié que les six pays participants, tiraillés entre eux, se faisaient peu d'illusions quant aux chances d'éviter une guerre. Les chefs des équipes d'inspecteurs en Irak, Mohamed ElBaradei et Hans Blix, doivent présenter lundi au Conseil de sécurité de l'Onu un rapport sur l'Irak qui pourrait être lourd de conséquences. D'autant que les Etats-Unis sont prêts à embarrasser leurs alliés et à insister pour qu'ils admettent que l'Irak ne respecte pas les résolutions de l'ONU sur son désarmement, lors de la réunion du Conseil de sécurité prévue la semaine prochaine, a rapporté jeudi le New York Times. Source : AFP |
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| Dépêche ajoutée par FTPK, le 2003/01/23 17:59 |
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