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Christine Malèvre reconnaît avoir "aidé à mourir" deux personnes
L'infirmière Christine Malèvre a reconnu avoir "aidé à mourir" deux patients, mardi matin, lors de son interrogatoire sur le fond de l'affaire devant la cour d'assises des Yvelines.

"Je reconnais avoir eu des gestes que je n'aurais pas dû avoir en tant qu'infirmière, deux gestes pour deux patients (qui) sont peut-être à l'origine de leur décès", a dit la jeune femme avec des sanglots dans la voix qui l'ont obligée plusieurs fois à interrompre sa déclaration.

Ces deux malades sont Hubert Bruyelle (75 ans), décédé en novembre 1997, qui souffrait d'un cancer du poumon, et Patrick Haugel, atteint d'un cancer du larynx, décédé en mars 1998.

Pour les autres cas qui lui sont reprochés, l'infirmière, qui est accusée de sept sept assassinats de patients, a déclaré: "Je n'y suis absolument pour rien".

Pour deux de ces patients, Jacques Gutton et Dominique Kostmann, elle a reconnu avoir eu un geste pour "calmer leur douleur et leur angoisse" mais, a-t-elle affirmé, "sans vouloir les aider à mourir".

A propos de M. Gutton, elle a précisé: "Je savais que j'avais eu un geste que je n'aurais pas dû faire", ajoutant qu'elle aurait dû demander conseil pour augmenter la dose de Tranxène de ce patient. Pour les deux malades Patrice Collin et Denise Le Maout, elle a en revanche déclaré "n'avoir jamais rien fait qui ait pu les aider à mourir". Enfin, en ce qui concerne Raymond Baudet, elle a déclaré "s'être sentie responsable du décès de ce patient, sans jamais savoir quel geste j'avais fait", ajoutant "ne pas s'être sentie à la hauteur". Elle a précisé que ce patient était le premier à "lui avoir parlé d'une telle chose", c'est-à-dire l'aider à mourir.

La jeune femme qui avait, lors de sa garde à vue à l'été 1998, "avoué" avoir aidé une trentaine de malades à mourir, une déclaration sur laquelle elle est revenue ensuite, a affirmé avoir "avoué des choses complètement aberrantes pour m'en sortir".

Le début de ce deuxième jour d'audience avait été marqué par les sanglots de l'épouse de l'un des malades qui aurait été assassiné par Christine Malèvre, Jacques Gutton. Assise sur le banc des parties civiles, elle a éclaté en sanglots lorsqu'un avocat des familles a rappelé que celles-ci reprochaient notamment à l'infirmière d'avoir été privées du droit "d'accompagner leurs proches jusqu'à la fin".

Le fonctionnement du service de pneumologie-neurologie où travaillait la jeune femme à l'hôpital de Mantes-la-Jolie doit également être examiné avec les témoignages de plusieurs médecins. Le témoignage de la psychologue Marie de Hennezel, spécialiste des soins palliatifs et auteur du livre à succès "La mort intime", a été reporté à vendredi.

Avant même que n'éclate l'affaire, plusieurs collègues de l'infirmière la soupçonnaient d'actes irréguliers et avaient remarqué que les décès étaient plus fréquents lorsqu'elle était de service comme le prouvera, plus tard, une étude statistique.

L'ex-infirmière de Mantes-la-Jolie, qui comparaît libre, risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Source : AFP
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Dépêche ajoutée par FTPK, le 2003/01/21 19:30
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