| Le gouvernement donne une dernière chance à Air Lib |
Le gouvernement français a décidé lundi de donner une dernière chance à Air Lib, à condition que la compagnie aérienne en difficulté se remette à payer ses charges courantes, avec le soutien de l'investisseur néerlandais IMCA.Après examen de la dernière mouture du plan de restructuration soumis la semaine dernière, le gouvernement a estimé que ce projet entraînerait une nouvelle augmentation de la dette de la compagnie envers l'Etat, ce qui n'est "pas acceptable", a annoncé le ministère des Transports dans un communiqué. Il n'a cependant pas condamné Air Lib au dépôt de bilan, soulignant que la société IMCA, présidée par Erik de Vlieger, avait promis de renouveler la flotte de la compagnie et d'apporter des capitaux frais. M. de Vlieger, entrepreneur atypique qui a fait fortune dans les machines à coudre avant de devenir un magnat de l'immobilier à Amsterdam, s'est déclaré lundi prêt à verser "entre 20 et 50 millions d'euros" pour assurer les opérations courantes d'Air Lib. Il s'est également déclaré disposé à donner à Airbus des "garanties allant jusqu'à 150 M EUR" pour renouveler la flotte de la compagnie aérienne et a précisé devant la presse qu'il mettrait en forme ses propositions finales le 10 février. "Si le gouvernement n'est pas prêt à nous donner une réponse, nous nous retirerons du dossier", a-t-il averti. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a pour sa part affirmé qu'il souhaitait "un avenir pour Air Lib". Le gouvernement a demandé au conciliateur, qui avait été désigné par le tribunal de Commerce de Créteil, Me Hubert Lafont, de "proposer immédiatement un projet de conciliation". Ce dernier prévoit la conclusion "rapide" d'un accord, a affirmé Me Lafont à l'AFP, soulignant que "comme il n'y a qu'un seul créancier, l'Etat, ce sera un peu plus rapide" qu'une mission classique. "On établira un protocole d'accord, soumis au tribunal de commerce de Créteil, qui aura ensuite force de justice. Ce qui mettra fin ipso facto au problème Air Lib", a-t-il ajouté. Le ministère des Transports a souligné que "le projet devra en tout état de cause prévoir la reprise sans délai du paiement courant des charges publiques, qui sera la marque essentielle de la crédibilité du plan proposé". "La créance de l'Etat est de près de 120 millions d'euros. On peut imaginer de la rembourser dans l'avenir, dans les prochains mois ou les prochaines années" mais les versements des charges sociales et fiscales doivent reprendre, a déclaré Gilles de Robien, le ministre des Transports. Les charges courantes d'Air Lib représentent "8 à 9 millions d'euros par mois", a estimé de son côté Pascal Perri, porte-parole du PDG d'Air Lib. Il a souligné que la compagnie reprendrait ses paiements courants dès la sortie de la procédure de conciliation, "ce qui peut se faire dans les jours qui viennent". Air Lib doit 30,5 millions d'euros au Fonds européen de développement (FDES), ainsi qu'environ 80 millions d'euros à l'Etat (fisc, Urssaf et taxes aéronautiques). Le gouvernement avait accordé en novembre un moratoire de deux mois sur ces dettes, qui venait à échéance le 9 janvier, et prolongé la licence d'exploitation de la compagnie jusqu'au 31 janvier. Depuis la reprise d'Air Lib (ex-AOM Air Liberté) en juillet 2001 par son actuel PDG Jean-Charles Corbet, la compagnie a vécu sous perfusion, ouvrant des lignes vers l'Algérie et la Libye, et lançant des vols à bas prix en France métropolitaine, vers l'Italie et les Antilles. Source AFP |
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| Dépêche ajoutée par FTPK, le 2003/01/13 20:25 |
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